Lyon, France - La société qui les a remportées est deux fois plus chère que ses concurrents. Le Sytral rétorque qu’il n’a pas retenu que le prix mais aussi la compétence technique. Les Verts s’emparent du dossier.
Finalement Gérard Collomb n’aurait jamais dû retirer sa délégation à son adjoint Etienne Tête (Les Verts). Depuis le début de l’année, plus une conférence de presse du mouvement écologique n’a lieu sans que l’élu n’y mette son grain de sel. Car il a désormais du temps : vendredi sur le Grand stade et hier sur des marchés publics du Sytral.
Donc cornaquée par Tête, Béatrice Vessiller, membre du Comité syndical du Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise est revenue sur un recours déposé par la société Collet qui réclame au tribunal administratif la suspension d’un marché. Il concerne la déviation des réseaux d’assainissement et d’eau potable en vue du prolongement de la ligne T4 à Lyon, entre la place du Jet d’Eau avenue Berthelot et la Part-Dieu. Marché remporté en décembre par la société rhodanienne Cholton (Saint-Maurice-sur-Dargoire) : 1 079 736 euros pour la déviation d’eau potable. Soit environ deux fois plus que ses sept concurrents dont les offres s’échelonnaient entre entre 449 000 et 571 000 euros. Le tribunal administratif a étudié la requête mercredi et rendra son ordonnance ce vendredi ou au plus tard lundi.
Pourquoi le marché a-t-il été attribué à la société Cholton, a demandé l’avocate de la société Collet qui, elle, proposait 560 000 euros ? Selon la défense du Sytral, le syndicat mixte n’a pas retenu le seul critère du prix mais aussi celui de la compétence technique de la société ayant remporté le marché.
Cette réponse ne semble pas satisfaire Béatrice Vessiller, laquelle s’apprête à adresser un courrier à Bernard Rivalta, président du Sytral, lui réclamant copie des dossiers de ces marchés publics « afin de connaître les différents appels ».
En réalité les Verts s’inquiètent aussi d’une pratique qui voudrait que les marchés soient attribués non pas à l’entreprise ayant les prix les plus bas, mais à celle dont le prix se rapproche le plus de l’évaluation pourtant secrète, élaborée par les services du Sytral. Sous-entendu, le secret serait mal gardé. « L’estimation est globalement connue quand il s’agit d’un lycée par exemple, c’est à peu près toujours la même, mais pas dans ce cas » estime Béatrice Vessiller. Pour l’élue Villeurbannaise, il y a « perversité » car il suffit que l’entreprise connaisse le prix secret pour s’en rapprocher le plus possible. « On y ajoute quelques euros pour ne pas éveiller les soupçons, c’est tout » précise Béatrice Vessiller. Notons que dans le cas du marché de l’assainissement sut T4, l’écart n’est que de 33,65.
Toujours selon les Verts, tout contrôle est d’autant plus difficile que, depuis mars 2009, les appels d’offres ne passent plus en séance publique, c’est la commission qui se prononce. Par souci d’efficacité, lequel est dicté par le plan de relance.
Article de Jacques Boucaud dans Le Progrès



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