L’insertion s’impose dans les marchés publics


Afin de favoriser l’insertion des plus fragiles, Saint-Herblain, avec la Chambre d’économie sociale et solidaire, veut davantage conditionner les marchés publics à l’insertion.

« En 2010, la solidarité sera notre fil rouge. » Adjointe à la solidarité, Fabienne Renaud invite jeudi prochain, le 21, les chefs d’entreprises de la commune à une table ronde, histoire d’évoquer cette question. Il ne s’agit pas de nécessairement sensibiliser les entrepreneurs aux besoins d’entraide, mais bien de parler affaire et contrat.

La loi prévoit en effet que les collectivités peuvent faire valoir des clauses d’insertion sociale dans les marchés publics. En clair, une entreprise qui répond à un appel d’offres de la commune ou de Nantes Métropole pourra être conduite à accepter la prise en compte de salariés en insertion. Saint-Herblain souhaite s’orienter plus encore dans cette voie. « C’est d’autant plus important en cette période de crise qui touche les plus fragiles à la marge. Nous souhaitons travailler sur le fond et la durée. Nous sommes comptables de l’argent public et nous devons l’utiliser au mieux, par effet de levier. »

Le mécanisme existe déjà, par exemple, pour les chantiers multiples, engagés ou à venir, des opérations de renouvellement urbain à Bellevue et au Sillon. La clause prévoit au moins 5 % de salariés en insertion. Il en a été ainsi des jardins familiaux de la Rabotière. Pour la Maison des arts, cela s’est quand même traduit par 4 727 heures de travail d’insertion.

Un label « place publique »
De même, l’action conjuguée de Nantes Métropole, de la Sémitan, d’Atlantique Habitations ou de l’Opac a permis de dégager plus de 31 400 heures de travail pour 67 emplois. « On peut aller au-delà. En revanche, ne pas respecter le contrat peut conduire à perdre le marché. » Désormais Saint-Herblain, qui a signé un accord en ce sens avec la Chambre régionale d’économie sociale et solidaire (Cress), veut étendre ces clauses « partout où c’est possible, et dans tous les types de marchés », même ceux ne nécessitant pas un appel d’offres. « La manière dont on va monter ces marchés pourrait faire la part belle à ce volontarisme. Mais les entreprises doivent aussi faire la démarche et répondre aux marchés. »

C’est en partie pour sensibiliser les chefs d’entreprise, et peut-être les conduire à davantage travailler ensemble, que Saint-Herblain a décidé de multiplier ces « rencontres flash » d’environ une heure entre les professionnels. Des rendez-vous labellisés « Place publique », dans le prolongement des engagements pris le 16 octobre, qui vont ponctuer les étapes d’une exposition consacrée à ce sujet.

Saint-Herblain entend aussi surfer sur l’économie sociale dont, il est vrai, l’insertion ne constitue qu’une petite part. Selon l’Observatoire de l’économie sociale de la Cress, Saint-Herblain compte pas moins de 150 établissements relevant des principes de l’économie sociale (coopératives, mutuelles, associations), lesquels représentent 2 800 salariés pour une masse salariale de 65 millions d’euros.

Article Ouest France