AFP — En difficulté à la tête des Hauts-de-Seine où il a succédé à Nicolas Sarkozy, Patrick Devedjian a contre-attaqué en déclarant vouloir nettoyer “les écuries d’Augias” et laver la réputation sulfureuse de son département, au risque de déclencher une nouvelle polémique avec sa majorité.
Pour la première fois depuis qu’il a pris en juin 2007 la présidence du “département le plus riche de France”, le secrétaire général de l’UMP a évoqué publiquement dans un entretien à L’Express publié jeudi des “anomalies anciennes” trouvées “en ouvrant les placards” et des “bizarreries” dans le “fonctionnement des services”.
Alors qu’il s’était contenté jusqu’à présent de promettre plus de rigueur financière et juridique, il enfonce le clou en rappelant que “trois procédures judiciaires pénales lourdes” sont engagées dans le département, sans donner de détail.
“Dans la continuité de ce qu’avait engagé Nicolas Sarkozy, je suis amené à nettoyer les écuries d’Augias”, poursuit M. Devedjian, qui avait déjà dit au Monde daté de mercredi: “toutes les attaques dont je suis l’objet résultent de ma lutte contre la corruption”.
La vice-présidente UMP du conseil général, Isabelle Balkany, qui entretient de très mauvaises relations avec M. Devedjian, a déclaré à l’AFP être “scandalisée” et “extrêmement choquée” par ces propos.
“S’il cherche un clash qui était sous-jacent avec sa majorité, je pense qu’il va le trouver”, a dit Mme Balkany.
Selon son entourage, Jean Sarkozy, président du groupe UMP au conseil général, a qualifié les déclarations de M. Devedjian de “malheureuses et blessantes”.
“Mais Jean (Sarkozy) veut essayer de maintenir l’unité du groupe et de calmer le jeu pour préparer les dossiers de la rentrée”, a-t-on ajouté.
Plusieurs enquêtes judiciaires en cours, issues des années où Charles Pasqua a présidé les Hauts-de-Seine (1988-2004), portent sur la gestion du département, notamment la création avortée d’un centre d’art à Issy-les-Moulineaux, qui aurait donné lieu à des détournements de fonds publics. Charles Pasqua, toujours influent dans le département et qui n’apprécie guère M. Devedjian, et l’actuel secrétaire d’Etat à la Fonction publique, André Santini, sont mis en examen dans ce dossier.
Une autre procédure, instruite à Nanterre, concerne des fraudes présumées aux marchés publics de fournitures informatiques des collèges du département.
“Je faciliterai les investigations de la justice. Evidemment, cela ne plaît pas à tout le monde”, a ajouté M. Devedjian.
Le président du conseil général contre-attaque ainsi aux critiques persistantes d’élus de sa majorité, en tête desquels Isabelle Balkany. Ces derniers lui reprochent une gestion autoritaire et un recentrage trop rigoureux des dépenses du département, en rupture avec les “années Pasqua”.
Dans ce contexte, l’offensive-éclair du fils cadet du président de la République, Jean Sarkozy, réputé proche d’Isabelle Balkany, pour prendre la tête du groupe UMP au conseil général il y a un mois a un peu plus affaibli le patron du département.
“La stratégie de Patrick Devedjian est difficile à comprendre, car il est en train de se couper de ses derniers soutiens”, estime un élu de la majorité, qui souhaite conserver l’anonymat.
“C’est peut-être un baroud d’honneur, ou alors il espère provoquer une nouvelle polémique pour braquer les projecteurs sur les Hauts-de-Seine, en espérant que Nicolas Sarkozy interviendra pour le soutenir”, a-t-il analysé.
Dans son interview, M. Devedjian s’est présenté comme “l’homme du président” auquel il voue “une fidélité absolue”.
Article AFP



Newsletters

Marketeer
& Webmarketeer, I am now helping public administrations and
companies in the world of public procurement with my blog, my forum and
our company, Govex. (F. Nuyts)






