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Les PPP entre stabilité juridique et instabilité financière

poignee_de_mainsAprès une première journée placée sous le signe de la pédagogie en direction des acheteurs publics et élus locaux, la deuxième journée des Rencontres internationales des partenariats public-privé (PPP) organisées le 21 et 22 octobre a été l’occasion de débattre notamment des effets de la crise sur le montage des projets.

Des taux d’intérêts élevés incitent à la prudence
La crise se traduit par une baisse des liquidités, une réduction des durées de financement, un renchérissement des coûts et une limitation de la validité des offres de financement. Des projets encore envisageables il y a moins d’un an ne le sont plus aujourd’hui et la question des sources de financement – ou plus précisément des stratégies de financement des PPP – est clairement posée. François Bergère, secrétaire général de la Mission d’appui à la réalisation des partenariats public-privé (Mappp), tient toutefois à préciser que si ces difficultés sont réelles, elles concernent principalement les projets de grande envergure, c’est-à-dire les PPP de plus de 100 millions d’euros. Un certain nombre d’outils issus du plan de relance – tels que la garantie de l’Etat, le préfinancement par la personne publique ou le bouclage du financement après remise de l’offre finale – devraient néanmoins permettre d’assurer la pérennité des projets majeurs.

Ce contexte économique tendu semble toutefois présenter un aspect positif. La raréfaction des financements et l’enchérissement de leur coût conduisent à une évaluation plus exigeante des projets. La crise replace ainsi la qualité du projet – et non son financement – au centre des préoccupations des décideurs publics.

La Cour des comptes attentive sur les PPP : gare au “démontage budgétaire”
Selon André Barbé, conseiller-maître à la Cour des comptes, le contrôle financier des PPP par les chambres régionales des comptes devrait s’amorcer dans les mois à venir. Les magistrats contrôleront non seulement la régularité formelle du contrat mais également la  “volonté politique” de la collectivité. En effet, l’un des avantages du recours au PPP est de limiter la dette de la collectivité en faisant sortir le coût du projet de la section investissement pour le faire figurer dans la section fonctionnement. Les juges seront donc attentifs à la sincérité et à la qualité des arguments présentés à l’issue de la phase d’évaluation : ils vérifieront que l’argument budgétaire n’a pas conduit à négliger d’autres éléments et notamment la performance de la dépense publique.

Une stabilisation du cadre juridique des PPP
La plupart des intervenants se sont félicités de l’arrivée à une forme de “maturité” des PPP, de la qualité des textes législatifs et réglementaire adoptés ces derniers mois.

Jérôme Grand d’Esnon, l’ancien directeur des affaires juridiques de Bercy, désormais avocat associé au cabinet Landwell, a émis cependant trois regrets. Tout d’abord, la nouvelle réglementation n’a pas fait disparaître les “ancêtres” des PPP, que sont la loi d’orientation et de programmation pour la justice (Lopji) et la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi). Il juge que rien ne justifie aujourd’hui le maintien de ces contrats moins contraignants que les PPP, qui n’imposent pas d’évaluation préalable. Par ailleurs, il déplore le vide juridique entourant la problématique de la délégation de service public dans les PPP. En effet, même si en pratique le partenaire privé peut exercer une mission de service public liée à l’investissement, les textes sont très ambigus en ce qui concerne cette possibilité. Il faudra donc attendre que le juge administratif se prononce sur cette pratique ou que le législateur remette l’ouvrage sur le métier. Enfin, il regrette que le Conseil d’Etat ait choisi de soumettre les PPP aux directives européennes. Cette approche lui semble trop contraignante : elle limite le recours au dialogue compétitif qui semble pourtant être la procédure la plus pertinente pour ce type de contrat. En dépit de ces imperfections, Jérôme Grand d’Esnon, comme la quasi-totalité des participants à ces journées, ont dit leur bonheur de travailler désormais dans un cadre juridique “très largement modernisé”.

Article APASP sur Localtis

Nouvelle formation marchés publics sur les PPP

formation1Les conditions juridiques et financières à respecter pour réussir vos PPP – Formation organisée par BP-Training en collaboration avec Govex et PublicMarkets.eu

La mise en place de Partenariats Publics Privés (PPP) apparaît de plus en plus souvent comme la solution idéale pour financer des projets de grande ampleur pour les autorités publiques. Le contexte légal, les avantages et risques de ces projets, leur faisabilité financière doivent être étudiés par des spécialistes : avocats, consultants, banques.

BP-Training, en partenariat avec Govex, vous propose une journée de formation sur cette matière avec tous les acteurs concernés ainsi que les exposés de cas pratiques afin de vous donner les ficelles de ces mécanismes complexes. L’impact de la nouvelle législation sur les marchés publics (AR du 23 novembre 2007) sera pris en compte. Cette journée aura lieu le jeudi 28 mai à Gosselies.

De l’intérêt des PPP pour le privé et pour le public :

=> Le cadre juridique et interactions avec la réglementation sur les marchés publics – Présenté par Me Frédéric VAN DEN BOSCH, Avocat, Janssens & Associés

=> Le Décret du 14.11.08 relatif au programme de financement exceptionnel de projets de rénovation, construction, reconstruction ou extension de bâtiments scolaires via des PPP (M.B. du 03.03.09) – Présenté par M. Marc VARKAS, Conseiller, Communauté française

=> Mécanismes de financement des PPP - Présenté par M. Laurent LEDOUX, FORTIS Banque

=> Développement de logements sociaux grâce aux PPP – Cas pratique présenté par Mme Marie-Claude DURIEUX, Directrice du Pôle Partenariat et Marchés Publics, SWL

=> Un PPP par la création d’une société d’économie mixte pour la construction de logements à Mons – Cas pratique présenté par M. Pascal Van BEIRS Directeur Task Force PEI, Toit & Moi scrl

=> Quelles conditions respecter pour monter des PPP internationaux ? – Cas pratique présenté par M. Rudi CNUDDE, PPP Manager de Group BESIX

Pour consulter le programme complet… cliquez ici

Pour toute question ou si vous ne souhaitez plus recevoir nos brochures, contactez Laurence CARBONE, Training & Executive Manager par téléphone au 02.609.00.12 ou par courrier e-mail : laurence.carbone@bp-training.be

Pour vous inscrire, envoyez-nous vos coordonnées par fax : 02.609.00.13 ou e-mail : inscription@bp-training.be. Vous pouvez aussi vous inscrire via notre site internet.

Lieu de formation : Le Petit Versailles, Rue Pont à Migneloux (Nationale 5), 18 à 6041 Gosselies
Prix : 825€ (HTVA) par jour de formation suivie ou 750€ (HTVA) pour toute administration communale inscrite avant le 28 avril 2009

Les opérateurs privés nationaux trop souvent exclus des PPP

L’enjeu économique des PPP réside notamment dans la participation directe ou indirecte des opérateurs nationaux dans ces contrats complexes. Nul n’ignore que les besoins d’investissement de l’Afrique en infrastructures sont considérables. Le projet du Millenium des Nations-Unies estimait en 2005 que 14 milliards de dollars additionnels seraient nécessaires chaque année pour financer les investissements dans les seuls secteurs du transport routier, de l’énergie, de l’eau et de l’assainissement des eaux usées en Afrique subsaharienne.

Les financements privés constituent par conséquent un complément d’autant plus indispensable aux financements publics des infrastructures que l’aide publique au développement ne saurait suffire à satisfaire l’ensemble des besoins. Les partenariats public-privé (PPP) constituent donc un outil de développement essentiel puisqu’ils permettent aux Etats d’Afrique de mobiliser des fonds privés et de développer plus rapidement leurs équipements et leurs infrastructures collectives, dans des domaines aussi variés que les transports, l’énergie, le logement, l’assainissement ou l’adduction d’eau.

Il reste que les PPP laissent souvent un goût amer aux opérateurs africains tant publics que privés, qui n’y prennent souvent qu’une part trop réduite. La question de l’implication insuffisante des opérateurs nationaux dans les PPP devient de plus en plus sensible et prégnante.

Contrats complexes
Un rapide examen des projets de PPP conclus en Afrique permet de constater que dans les contrats complexes, les contractants sont en général des multinationales (directement ou indirectement), alors même que les opérateurs locaux ne sont dépourvus, ni des compétences, ni même parfois de la dimension nécessaires à la conduite des projets d’infrastructures. Les opérateurs privés nationaux, et particulièrement les PME, déplorent leur manque d’implication dans ce nouveau type de mode opératoire de la commande publique, même si quelques contre-exemples peuvent être identifiés.

Non-discrimination
Le nœud du problème est que le droit de la commande publique, et plus précisément le droit des PPP est avant tout conçu comme le droit de l’égalité. Tous les textes internationaux et régionaux qui l’encadrent, notamment l’Accord sur les marchés publics signé à Marrakech le 15 avril 1994, réaffirment les principes de non-discrimination et de transparence, dont ils entendent assurer le respect au moyen de procédures de publicité et de mise en concurrence. De même, le cinquième considérant de la directive n° 04/2005/CM/UEMOA dispose que « les procédures de passation des marchés et délégations de service public conclues dans les Etats membres doivent respecter les principes de libre accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats, de reconnaissance mutuelle, de non-discrimination et de transparence ». Dès lors, la logique de libre et égale concurrence, censée apporter la meilleure prestation au meilleur coût, s’oppose à la prise en compte de préoccupations socioéconomiques telles que la promotion des PME ou des entreprises privées nationales dans les procédures d’attribution de PPP. A cet égard, le Black Economic Empowerment Act sud-africain, qui contraint toute personne publique sud-africaine à utiliser le critère de l’appartenance à la population noire dans l’octroi d’un partenariat public-privé, constitue une exception qu’il est difficile de transposer dans d’autres pays africains.

Transfert de savoir-faire
Dès lors, si les Etats ne peuvent en général instaurer de régime préférentiel ou discriminatoire, rien ne leur interdit de favoriser la participation des entreprises locales dans les projets de PPP. De l’allotissement systématique des projets à la définition du recours à des petites ou moyennes entreprises sous-traitantes locales comme critère de choix des offres, en passant par l’offre de dispositifs bancaires complémentaires (prêts commerciaux, garanties de prêts, capital-risque) offrant aux petites entreprises une garantie publique, de nombreuses mesures peuvent être mises en œuvre.

Les opérateurs privés nationaux, et particulièrement les PME, déplorent leur manque d’implication dans ce nouveau type de mode opératoire de la commande publique.

Par ailleurs, il est de plus en plus dans l’intérêt économique et financier des multinationales attributaires de contrats aussi complexes et d’aussi longue durée que les PPP de sous-traiter ou de subdéléguer tout ou partie de certaines prestations d’entretien et de maintenance à des entreprises locales.

Ainsi, les PPP peuvent constituer un mode de transfert privilégié de savoir-faire aux opérateurs locaux d’Afrique. Il convient donc de soutenir activement les entreprises locales (formation au conseil, à l’assistance technique) et de créer un environnement juridique, économique et financier propice à une collaboration croissante entre les opérateurs africains et internationaux dans les projets de PPP.

Article LesAfriques.com

Création d’un centre d’expertise européen des PPP

La Banque européenne d’investissement (BEI) et la Commission européenne ont lancé le Centre européen d’expertise en matière de PPP (CEEP). Objectif : permettre aux autorités publiques des Etats membres de l’UE et des pays candidats de devenir des participants plus performants aux opérations réalisées sous forme de partenariats public-privé (PPP).

Cette nouvelle collaboration entre les deux institutions de l’UE a été accueillie favorablement lors d’une cérémonie de signature organisée le 16 septembre 2008 à Paris dans le cadre de la présidence française de l’UE, et dont l’hôte était M. Hervé Novelli, Secrétaire d’État auprès du ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi. À cette occasion, M. Philippe Maystadt, Président de la BEI, et M. Joaquín Almunia, Commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires, ont signé l’accord établissant le CEEP, en présence de M. Waldemar Pawlak, Vice-Premier ministre polonais, qui représentait les membres du CEEP.

Le Centre européen d’expertise en matière de PPP qui vient d’être constitué permettra de partager les expériences, de rassembler et de synthétiser des informations en provenance de toute l’Europe sur les conditions à remplir pour réaliser des opérations efficaces et sur les compétences requises à cette fin. Des orientations en matière de bonnes pratiques seront ensuite données aux membres du CEEP dans l’objectif précis d’améliorer la gestion du secteur public, de réduire les coûts liés aux PPP et d’accroître le nombre d’opérations de ce type.

Information Groupe Moniteur

Le recours aux partenariats public-privé devra rester exceptionnel

Le développement des partenariats public-privé (PPP), sur lesquels l’Etat compte pour financer et accélérer ses investissements, va être freiné : le Conseil constitutionnel a, jeudi 24 juillet, partiellement invalidé la loi relative aux contrats de partenariats privé-public, adoptée le 9 juillet.

Cette décision empêche d’élargir le recours aux PPP comme l’espéraient le gouvernement et la majorité parlementaire. Inspiré du modèle anglais des Private Finance Initiatives, ce type de contrat – utilisé par exemple pour la construction des nouvelles prisons – confie à un opérateur privé le financement, la conception, la réalisation et l’exploitation d’un équipement public sur des périodes longues (dix, trente ou quarante ans) en contrepartie d’un loyer payé par la collectivité publique. Ces contrats devront rester l’exception, comme le prévoyait la loi antérieure (l’ordonnance de juin 2004), qui restreignait le recours aux PPP aux projets urgents ou complexes.

Pour Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste du Loiret et l’un des initiateurs de la saisine, “le Conseil constitutionnel a infligé un camouflet au gouvernement”. Selon les socialistes, ce dernier a tenté de contourner la motivation de l’urgence, nécessaire pour faire appel aux PPP.

“BON USAGE DES DENIERS PUBLICS”
Dans la nouvelle loi figurait une longue liste de projets présumés urgents, aussi bien pour l’université, la recherche et l’environnement que pour les transports, l’urbanisme, les constructions scolaires, la rénovation urbaine, ou encore les économies d’énergie… Cette liste autorisait, du coup, un recours quasi automatique aux PPP. L’exception devenait généralité.

Les juges constitutionnels indiquent : “Cette présomption avait pour effet d’empêcher le juge d’exercer son contrôle sur le caractère d’urgence. Confirmant sa jurisprudence du 26 juin 2003 et du 2 décembre 2004, le Conseil a estimé qu’une telle généralisation des contrats de partenariat privait de garanties légales les exigences constitutionnelles inhérentes à l’égalité devant la commande publique, à la protection des propriétés publiques et au bon usage des deniers publics. En conséquence, le Conseil a annulé ces dispositions relatives à la présomption d’urgence.”

Selon l’avocat Paul Lignières, “cette décision assez politique est dans la droite ligne du précédent avis de la haute juridiction, qui n’a pas assoupli sa position”. Ce spécialiste des PPP ajoute que “des contentieux contestant la justification de ces contrats sont donc toujours possibles.”

Le Conseil constitutionnel a toutefois fait une ouverture, que Christine Lagarde, la ministre de l’économie, a saluée dans un communiqué publié le 24 juillet : “Le Conseil constitutionnel a en particulier validé de nombreuses dispositions novatrices de la loi, avec deux apports essentiels : la création d’un troisième critère, qui permettra de recourir aux PPP dès que le bilan entre les avantages et les inconvénients sera plus favorable que pour les autres contrats de la commande publique, et le principe de l’harmonisation des règles fiscales et d’assurance entre tous les contrats de la commande publique.”

Pour M. Sueur, l’introduction du troisième critère, le bilan coût/avantages, “est très étroitement encadrée, le choix de la collectivité devant se faire après une analyse approfondie des avantages et des inconvénients, une démonstration qui ne sera pas facile à apporter”.

“L’étape suivante sera peut-être l’extension de cette évaluation pour tous les types de contrats publics”, note Me Lignières, qui fait valoir qu’aux Etats-Unis, une loi adoptée sous la présidence de Bill Clinton oblige l’administration à justifier son choix de ne pas externaliser un service public.

Article Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde

Partenariat public privé : la loi est publiée au journal officiel

La loi relative aux contrats de partenariat qui doit permettre de développer le recours aux contrats de partenariat créés par l’ordonnance du 17 juin 2004, est publiée au journal officiel de ce 29 juillet 2008. Avec ce texte, le gouvernement souhaite faire du contrat de partenariat un instrument qui trouve pleinement sa place dans la commande publique, et non plus un simple outil d’exception.

À cet égard, le chapitre II de la loi modifie le code général des collectivités territoriales, en précisant notamment la définition du contrat de partenariat. Il s’agit «d’un contrat administratif par lequel une collectivité territoriale ou un établissement public local confie à un tiers, pour une période déterminée en fonction de la durée d’amortissement des investissements ou des modalités de financement retenues, une mission globale ayant pour objet le financement, la construction ou la transformation, l’entretien, la maintenance, l’exploitation ou la gestion d’ouvrages, d’équipements ou de biens immatériels nécessaires au service public».

« Il peut également avoir pour objet tout ou partie de la conception de ces ouvrages, équipements ou biens immatériels ainsi que des prestations de services concourant à l’exercice, par la personne publique, de la mission de service public dont elle est chargée ».

Il est aussi précisé que les contrats de partenariat donnent lieu à une évaluation préalable précisant les motifs de caractère économique, financier, juridique et administratif qui conduisent la personne publique à engager la procédure de passation d’un tel contrat. Cette évaluation, qui sera effectuée selon une méthodologie définie par le ministre chargé de l’économie, devra faire une analyse comparative de différentes options, notamment en termes de coût global hors taxes, de partage des risques et de performance, ainsi qu’au regard des préoccupations de développement durable. La loi précise aussi les modalités de passation et de mise en concurrence de tels contrats.

De plus, ce texte rend éligibles au Fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA) les baux emphytéotiques administratifs (BEA) d’un faible montant conclus par les collectivités territoriales éligibles (article 38 de la loi). Un décret en Conseil d’État définira le seuil d’éligibilité de ces BEA. Cette disposition a été proposée par le Sénat qui jugeait nécessaire de garantir la neutralité fiscale entre les différents outils de la commande publique. Le législateur a donc considéré que le FCTVA ne devait pas constituer un élément remettant en cause le choix de recourir à un BEA plutôt qu’à un contrat de partenariat, le BEA semblant plus adapté que ce dernier pour les investissements, de taille limitée, des petites collectivités territoriales.

Cette éligibilité au FCTVA est subordonné au respect de deux conditions :
- l’intégration par la personne publique du bien dans son patrimoine conformément aux clauses du contrat : autrement dit, si à la fin du contrat, l’équipement n’appartient finalement pas à la collectivité territoriale, cette dernière serait tenu de reverser à l’Etat la totalité des attributions reçues ;
- la réalisation par la collectivité d’une évaluation préalable au recours au BEA.

Sources : AMF, Journal Officiel

Partenariats public-privé (PPP) : Le PS saisit le Conseil constitutionnel

Les parlementaires socialistes ont indiqué aujourd’hui qu’ils avaient saisi le Conseil constitutionnel contre le projet de loi sur les partenariats public/privé récemment voté par le Parlement.

Les élus socialistes soumettent à l’examen des sages “l’ensemble de la loi relative aux contrats de partenariat adoptée par le Parlement le 9 juillet 2008″, indiquent-ils dans leur lettre.

Cette loi élargit les possibilités pour le privé de financer, réaliser, entretenir et même exploiter des équipements publics comme les HLM, les stades, les hôpitaux, les gares ou les aéroports.

Au fil de 14 pages qui passe chaque article au tamis de leurs arguments juridiques, les socialistes estiment notamment que le texte “viole les principes d’égalité, de libre administration des collectivités locales et de libre concurrence”. Ils jugent aussi que “la loi efface le caractère dérogatoire du contrat de partenariat qui devient le droit commun de la commande publique”. Le Conseil constitutionnel a un mois pour statuer.

Article Le Figaro

Feu vert du Parlement au développement du privé pour les commandes publiques

Le Parlement a adopté définitivement le 9 juillet 2008 le projet de loi qui élargit les possibilités pour le privé de financer, réaliser, entretenir et même exploiter des équipements publics comme les HLM, les stades, les hôpitaux, les gares ou les aéroports.

Les sénateurs ont en effet voté le projet de loi “sur les contrats de partenariats” publics-privés ans la même version que celle déjà adoptée par l’Assemblée nationale ce qui a rendu leur vote définitif. L’UMP et ses partenaires centristes (UC-UDF) ont voté pour tandis que l’opposition de gauche a voté contre.

Ce texte vise à développer le recours aux contrats de partenariats publics-privés créés par l’ordonnance du 17 juin 2004 et qui étaient jusqu’à présent limités à des projets urgents ou complexes. Il s’agit de contrats administratifs par lequel une personne publique confie à un tiers pour une période déterminée une mission globale (financement, réalisation, gestion).

Le texte de Christine Lagarde (Economie) ajoute deux nouvelles possibilités de recours à ce contrat. D’abord s’il est plus avantageux que d’autres contrats de la commande publique. Ensuite est décrété relevant de “l’urgence” – jusqu’au 31 décembre 2012 – tout ce qui relève notamment de l’enseignement supérieur, de la sécurité, de la santé, des transports, de l’environnement, des HLM et certains organismes de sécurité sociale. Ces secteurs seront donc ainsi éligibles à ce type de contrats. Le projet rend également plus attractif le régime juridique et fiscal des ces contrats que le gouvernement veut généraliser.

“Devant l’urgence de certaines situations, il est possible que l’exception devienne la règle. Pour nos hôpitaux, nos universités, nos centres de recherche, nous ne devons pas tergiverser et recourir à ces instruments innovants”, a déclaré Christine Lagarde. “Il ne s’agit pas d’une privatisation du service public mais d’une utilisation de l’ingéniosité et la flexibilité du privé au service du public” a-t-elle plaidé.

La gauche a vivement bataillé contre un texte qui selon elle “signe le désengagement de l’Etat au bénéfice du privé” et a annoncé qu’elle déposerait un recours auprès du Conseil constitutionnel. PS et PCF ont déposé deux motions de procédures et des amendements tous rejetés par la majorité.

Article AFP sur La Gazette des Communes

L’Etat confie la réalisation de ses investissements publics au privé

Les contrats de partenariat public privé (PPP) refont parler d’eux. Sur fond de mobilisation des architectes et des artisans qui craignent de perdre des marchés, les députés entament, mercredi 25 juin, la seconde lecture du projet de loi qui vise à élargir leur utilisation.

Créés par l’ordonnance du 17 juin 2004, sous l’impulsion du libéral Alain Madelin, les PPP permettent à une entité publique de confier à un seul opérateur privé le financement, la conception, la construction d’un équipement, hôpital, prison, musée, école, ligne de chemin de fer, puis son exploitation et sa maintenance pendant quinze, vingt, voire quarante ans. L’attributaire d’un PPP est principalement rémunéré sous forme de loyers payés par la collectivité publique.

Jusqu’à présent, la formule était réservée aux projets complexes ou urgents. Du coup, seuls 25 contrats ont été conclus depuis l’ordonnance de 2004 pour un montant total d’investissements de 500 millions d’euros et une valeur globale, sur toute leur durée, de 1,3 milliard d’euros (3,3 milliards d’euros si l’on inclut les formules juridiques proches, baux emphytéotiques hospitaliers ou administratifs). Un contrat de PPP, lancé par le conseil général du Loiret pour le collège de Villemandeur, a même été annulé par le tribunal administratif d’Orléans, le 29 avril à l’initiative du Syndicat national du second oeuvre, qui contestait l’urgence et la complexité du projet.

Avec ce projet de loi, le champ des PPP va s’élargir à de multiples domaines : santé, éducation, universités, rénovation urbaine, transports concourant au développement durable (trains, voies fluviales) rénovation des bâtiments dans un but d’économies d’énergie, à un moment où l’Etat connaît de graves difficultés budgétaires. Les engagements financiers à long terme pris dans ce cadre n’étant pas, pour l’instant, considérés comme une dette publique par la Commission européenne, les PPP sont un moyen de se doter de nouveaux équipements sans creuser en apparence le déficit budgétaire. L’artifice comptable n’est cependant pas du goût de la Cour des comptes, qui a dénoncé, dans son rapport 2007, “la myopie budgétaire des PPP”. Le Conseil national de la comptabilité publique n’a pas tranché le débat.

MARCHÉ DE 6 À 10 MILLIARDS D’EUROS
Le gouvernement souhaite que 10 % à 15 % des 60 milliards d’euros que représente l’investissement public chaque année soient réalisés dans le cadre des PPP, comme le Royaume-Uni le fait avec les Private Finance Initiatives (PFI). Cela ouvre un marché de 6 à 10 milliards d’euros. Pour qui ? Essentiellement les majors du bâtiment et des travaux publics, seuls capables de s’engager sur de tels montants et durées. “Les petites et moyennes entreprises sont, de facto, évincées au mépris de la concurrence, car nous n’avons pas les moyens d’être, en plus, les banquiers des collectivités locales”, s’insurge Jacques Petey. Le président de la Fédération nationale des coopératives du bâtiment (FNSCOP BTP) cite l’exemple de l’éclairage public. Seize PPP ont été conclus dans ce domaine entre 2005 et 2008, pour des montants de 2 à 100 millions d’euros, soit 280 millions d’euros au total. Les appels d’offres ont été remportés par Dalkia, filiale de Veolia (6 contrats), ETDE, du groupe Bouygues (4 contrats), Vinci (4 contrats), Spie (1 contrat) et Cegelec (1 contrat).

Quant aux marchés importants, ils se répartissent tout bonnement entre les trois majors. Vinci a remporté le contrat de rénovation de l’Institut national des sports (63 millions d’euros et 9 millions de loyer annuel, pendant trente ans) à Vincennes (Val-de-Marne). Eiffage a obtenu la construction du stade de la communauté urbaine de Lille (700 millions d’euros) et Bouygues s’est taillé la part du lion (1,8 milliard d’euros) dans l’édification et l’exploitation d’établissements pénitentiaires en projet : il en construira six sur dix, tandis qu’Eiffage aura la charge des quatre autres.

Le dernier contrat remporté en mars 2008 par Bouygues est celui qui va le plus loin dans les missions confiées à l’opérateur privé. Outre le financement de la construction, il devra, pendant les 27 ans de la concession, assurer la maintenance et le nettoyage des locaux mais aussi les services aux personnes, blanchisserie, restauration, soins et transport des détenus, ainsi que l’accueil des familles et même la gestion du travail des prisonniers et leur formation professionnelle, moyennant un loyer annuel de 48 millions d’euros.

S’agissant des mégaprojets en cours d’appels d’offres, comme la ligne ferrée à grande vitesse Sud Europe Atlantique (8 milliards d’euros) ou le canal Seine-Nord (4 milliards d’euros), partiellement financés par des fonds européens, la mission d’appui aux partenariats public-privé est allée présenter ses dossiers à Londres et Madrid. Elle voulait convaincre de grands groupes étrangers, espagnols notamment, de soumissionner. Mais aucun n’a osé défier les majors françaises.

Article Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde

Indignation en France à propos des Partenariats Public-Privé (PPP)

Les architectes, PME et artisans du BTP se sont mobilisés lundi contre le projet de loi qu’examineront mercredi 25 juin les députés, en première lecture, sur les contrats de partenariats (ou partenariat public privé – PPP) à la construction. Ils estiment que le texte est un «blanc-seing délivré aux géants du BTP et donc la mort annoncée de l’architecture indépendante».

Le projet de loi relatif aux contrats de partenariat vise à développer le recours à ce type de contrat en élargissant les possibilités de recours et en clarifiant le régime juridique et fiscal. Créé par l’ordonnance n° 2004-559 du 17 juin 2004, le contrat de partenariat permet à une personne publique, notamment à une collectivité territoriale, de rémunérer, sur l’ensemble de la durée du contrat, un partenaire privé chargé de financer, réaliser et gérer un équipement nécessaire à cette personne publique.

Le projet de texte prévoit en particulier d’ajouter deux nouvelles possibilités de recours: lorsque l’intérêt économique et financier de recourir au contrat de partenariat est démontré à l’issue d’une évaluation des différents modes d’action dont dispose la personne publique pour répondre à ses besoins; à titre expérimental et pour une période limitée (jusqu’au 31 décembre 2012), dans des domaines d’action où les besoins immédiats sont avérés.

Sont également prévus une nouvelle procédure de passation négociée pour les contrats inférieurs à un seuil fixé par décret qui pourrait faciliter l’émergence de «petits» contrats de partenariat nécessitant des investissements plus modestes ainsi que l’ouverture du contrat de partenariat aux pouvoirs adjudicateurs et aux entités adjudicatrices visés par l’ordonnance du 6 juin 2005 relative aux marchés passés par certaines personnes publiques ou privées non soumises au Code des marchés publics – le contrat ne serait plus réservé à l’État et aux collectivités territoriales.

Lors de son examen début avril dernier, le Sénat avait adopté 27 amendements dont deux visent à renforcer l’évaluation préalable des partenariats public-privé et à moderniser la commande publique. Le premier impose que des organismes experts élaborent une nouvelle méthodologie pour encadrer l’évaluation préalable, étape obligatoire pour l’État avant de négocier un contrat de partenariat. Ce référentiel commun, réalisé par la Mission d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (MAPPP), conjointement avec la Cour des comptes, les ministères concernés et des professionnels du secteur, «permettrait une plus grande transparence et éviterait certaines polémiques opposant les défenseurs des marchés publics aux tenants des partenariats public-privé.»

Le second amendement étend l’obligation d’évaluation préalable à tous les projets importants de bail de l’État, qui portent sur des bâtiments à construire et sont conclus dans le cadre d’une autorisation d’occupation temporaire du domaine public (AOT), assortie d’une location avec option d’achat anticipé.
Pour leur part, les architectes et artisans craignent de voir le PPP devenir la procédure normale pour tout marché public de travaux et bénéficier systématiquement aux majors du BTP, plus à même de supporter un contrat global. Privées de visibilité et de la procédure concurrentielle, les petites entreprises de BTP seraient alors, disent-ils, «ravalées au rang de sous-traitants».

Voici le communiqué officiel du Conseil national de l’Ordre des architectes :

“Le projet de loi relatif aux partenariats public/privé (PPP) va être voté en catimini par l’Assemblée Nationale le 25 juin. Par cette forme de marché global, un opérateur privé assure le financement, la réalisation et la maintenance d’un équipement public (hôpitaux, prisons, écoles musées) moyennant le versement par la collectivité d’un loyer sur 30 ou 40 ans. Il perçoit en contrepartie des annuités sur de longues périodes. C’est une sorte de crédit-bail qui ne peut être pratiqué que par quelques majors du BTP ou des financiers.

La discussion au Sénat, le 1er avril, a mis en évidence les risques dont ce texte est porteur : abandon de prérogatives de la puissance publique, fuite budgétaire, surcoût pour la collectivité, surtout l’exclusion des artisans et des PME et l’annexion des architectes et des autres concepteurs aux groupes privés.
Les expériences déjà menées à l’étranger, notamment en Angleterre et au Portugal, ont montré les dérives auxquelles conduisent les PPP.

Pour sa part, le Conseil Constitutionnel qui s’était prononcé en 2003, a mis en évidence le risque d’atteinte au bon usage des deniers publics, à la protection des propriétés publiques et à l’égalité devant la commande publique. Il en a fait une procédure de stricte exception à condition qu’elle soit justifiée par l’urgence et par la complexité de l’ouvrage à réaliser.
Ce projet de loi qui sera donc examiné à l’assemblée nationale le 25 juin généralisera le recours à cette procédure.

C’est pourquoi, à l’initiative de l’Ordre des architectes, une conférence de presse est organisée le 23 juin, à 15h au siège du Conseil national de l’Ordre, Tour Maine Montparnasse, pour protester vivement contre cette procédure qui déroge au Code des marchés publics, et qui à terme va assécher le dynamisme et la pérennité des artisans et petites entreprises du bâtiment et fera payer aux générations futures les maigres économies d’aujourd’hui.

L’AITF (Association des Ingénieurs Territoriaux de France), la CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment), la FNSCOP BTP (Fédération Nationale des SCOP du BTP), le SNSO (Syndicat National du Second Œuvre), le Syndicat de l’Architecture, l’UNSFA (Union nationale des syndicats français d’Architectes) et l’UNGE (Union Nationale des Géomètres Experts), – soit plus d’un million d’actifs et 350 000 sociétés – se joignent aux architectes pour exprimer leur indignation et leurs craintes.”

Sources : AMF et Ordre des Architectes

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